Le concept du forum se base directement sur le roman La Guerre des Clans d’Erin Hunter. LGDC Warriors dit « LW » a été fondé en 2007 par Étoile Noire, et il continue aujourd’hui de vivre grâce à ses infatigables membres toujours aussi déjantés ! Incarne un chat sauvage et rejoins l’un des quatre Clans de la forêt de Cerfblanc. Quel que soit ton choix, sois prêt à te battre pour ta tribu, chasse pour elle, rencontre les autres félins et marque de ta patte l’histoire des Clans ! LGDC Warriors est un forum RPG félins qui demande un minimum de 7 lignes par réponse. N’hésite pas à profiter également de la Chatbox et des différentes catégories hors-rp que propose le forum. Rejoins-nous vite, tu ne le regretteras pas !
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Cueillette de chaton |Pv : Plume de Nuit|
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Jeu 29 Juil 2010 - 10:42
    Les marécages. Un endroit gluant, puant et regorgeant de créatures en tout genre. Ceux qui ne s'y intéressaient pas assez pouvaient y trouver à redire. Surtout en saison chaude car l'air devenait étouffant. Mais le chaton savait combattre les préjugés et jugea le marais comme il l'aurait fait avec une plaine ou un bois. Il voyait des proies, pas d'ennemis et juste quelques pièges à éviter. Ce qui en faisait un endroit de choix. Petit Courage n'hésita donc qu'une seconde en arrivant face aux marécages et déjà il pénétrait sur ses terres recouvertes de mousse.

    Le chaton s'amusa à regarder en tout sens, mais surtout devant lui pour ne pas tomber. En effet, il y avait fréquemment des bifurcations à prendre si on ne voulait pas se retrouver dans l'eau verte. Et justement, c'était ce que le chaton souhaitait le moins au monde. Et même s'il savait nager grâce à Fleur Ensoleillée, il ne comptait pas tenter une plongée dans l'eau vaseuse. Il était assuré que ses pattes se prendraient dans des algues ou des choses en tout genre et qu'il n'aurait d'autre possibilité que de couler. Cette perspective refroidit l'ardeur du petit et il ralentit l'allure.

    Mais alors qu'il remarquait un endroit où la zone de terre solide était plus vaste, un crapaud bondit sur son chemin. Laissa le temps au chaton de le décrire avec curiosité. Avant de bondir à nouveau et de disparaître entre des plantes vertes. Le chaton en resta coi pendant un instant avec de se secouer, le sourire lui venant aux lèvres. Il voulait savoir quel goût pouvait bien avoir ce drôle d'animal et la faim le poussa vers la cachette du batracien. Ce dernier le sentit venir et lui bondit en pleine gueule avant de rebondir de sa face étonné vers l'eau. Petit Courage faillit l'y suivre quand il se souvint que l'idée était mauvaise.

    Et puis, tout dépité qu'il était, il réalisa que même s'il avait pu attraper l'animal, il n'aurait en aucun cas eu le droit de le manger. Il devait respecter le code du guerrier et le Clan passait avant sa petite personne. En plus, s'il ramenait un animal aussi étrange, tout le Camp comprendrait d'où il provenait et il y avait de fortes chances qu'il se fasse engueuler pour s'être aventuré sur les terres de l'Ombre. Car bien que peu de chats se souciaient de sa santé, tous seraient effrayés à la pensée d'une guerre contre les Ombres. Mais le chaton, lui ne ressentait aucune peur. En fait, il ne voyait pas comment sa simple présence pouvait déclencher une guerre. Mais que voulez-vous, ce n'est encore qu'un chaton, innocent sur certaines choses.

    L'eau cessa enfin de bouger, signe que la grenouille s'était bel et bien volatilisée. Petit Courage soupira et se retourna, reprenant son étude du milieu et sa marche silencieuse. En fait, c'était bien plus facile de ne faire aucun bruit sur de la mousse que sur un tapis de feuilles mortes mais le chaton restait prudent, par endroit le sol devenait de spongieux et faisait des bruits de succion. Pourtant ce n'est pas ce qui le ralentit et il arriva bien vite à un arbre mort et pourri. Comment un arbre était-il arrivé ici, voilà qui semblait un mystère pour le petit. Mais alors qu'il se questionnait, un bruit le mit en garde. L'odeur du marécage avait couvert celle d'un chat, sûrement un guerrier de l'Ombre...
Anonymous
Invité
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Jeu 29 Juil 2010 - 16:22
[Rapide o.O. désolée de ne pas avoir pu répondre plus tôt, j'avais un autre RP à finir. Et des choses à faire à la maison. Bonne lecture (enfin, j'espère...)]

    « Sur notre territoire, les plantes médicinales les plus efficaces se trouvent aux endroits les moins ragoûtants. Pour être guérisseur, il ne faut pas avoir peur de se mouiller les pattes ! »


    Plume de Nuit, d’humeur nostalgique, se remémorait les paroles que son regretté mentor lui rabâchait si souvent. A l’époque, ce laïus quotidien lui chauffait les oreilles, et elle s’en irritait souvent. « Je sais, tu me l’as déjà dit… » rétorquait-elle d’un ton las. Mais maintenant, ce petit discours, miaulé par la voix enrouée et sarcastique de son mentor, commençait à lui manquer. Et elle s’en souvenait comme d’une douce et lointaine mélodie… Mais aussi comme d’un conseil très utile, qu’elle suivait à la lettre.

    Ainsi, la guérisseuse cheminait, rêveuse, vers les marécages, car ce n’était pas vraiment ce que l’on pouvait appeler un « endroit où il fait bon vivre ».
    Comme à son habitude, elle était sortie clandestinement du camp, sans rien dire à personne. N’étant pas très sociable, elle détestait justifier ses expéditions, même si les guérisseurs étaient tenus de « ne sortir de l’enceinte du camp qu’en cas de stricte nécessité, et, le cas échéant, d’en avertir le chef ou son lieutenant ». Plume de Nuit, quant à elle, préférait partir quand bon lui semblait, sur un coup de tête, pour chasser, pour regarnir ses stocks, ou pour flâner, tout simplement. Elle se ferait sans doute sermonner à son retour. Qu’importe. Les plantes qu’elle cueillait, même sans autorisation, étaient vitales aux félins. Et elle recommencerait autant qu’il le faudrait.

    Slalomant entre les arbres et les herbes hautes, la petite chatte au poil noir parcourait son territoire depuis un bon moment, déjà. Les marais se situaient à l’opposé du camp. *Bon, récapitulons, songea-t-elle pour passe le temps, il nous faut du pavot, de la menthe aquatique, des tiges de prêles, du millefeuille et, surtout, des racines de glouteron, les rats étant de plus en plus présents autour du camp… Ah, oui, et des feuilles de bourrache aussi…* Elle frémit en constatant qu’il manquait beaucoup de plantes à sa réserve. *Porter toutes ces herbes ne sera pas tâche facile… Même en m’aidant de grandes feuilles de nénuphar, je sens que je vais devoir faire plusieurs voyages…* soupira-t-elle.

    Peu à peu, les grands arbres laissèrent place à un paysage brumeux et sombre, où l’herbe devint mousse. Le sol, irrégulier et spongieux, était parsemé de grandes flaques boueuses. On aurait dit le pelage d’un guerrier après un rude combat. Par-ci par-là, les touffes de poils arrachées à la fourrure crasseuse laissent voir une peau couverte de croûtes et de cloques hideuses. Mais, aux yeux de la guérisseuse, le spectacle du félin, à moitié mort, revenu par miracle d’un combat était bien plus désolant que la vision de cette tourbière.
    Bizarrement, Plume de Nuit se sentait en sécurité dans les marécages. Elle ne comprenait pas pourquoi certains en avait peur. Elle aimait l’ambiance reposante qui, telle la brume, flottait dans ces lieux. Par ailleurs, elle en connaissait par cœur ses moindres recoins, les dangers et les endroits à éviter, les moyens de ne pas trop se mouiller les pattes, l’histoire de ces marais, les plantes et gibier que l’on peut y trouver…

    *Tiens ! Du millefeuille !*
    se dit-elle, avisant de ces plantes à fleurs blanches, près d’un grand lac en contrebas. Elle avait de la chance. Sa récolte ne commençait pas trop mal. De plus, une forte odeur de glouteron flottait dans l’air.
    Sautant adroitement de touffe d’herbe en touffe d’herbe, le regard furetant de droite à gauche pour savoir d’où provenait l’odeur, elle distingua, au travers des fourrés, une silhouette féline. Par réflexe, elle se figea et se plaqua au sol.*Un chat ? Ici ? Ce serait bien la première fois que j’en croise un !* Les buissons étant trop épais, elle ne parvint pas à observer les faits et gestes de l’intrus, mais son flair aiguisé discerna l’odeur très ténue et lointaine de ce dernier. C’était une odeur « ingénue », comme elle aimait si bien l’appeler. L’odeur d’un chaton. Mâle ou femelle ? Elle n’en savait rien. Mais il appartenait à un clan ennemi. Le clan du Vent.
    La chatte se détendit. L’ Ombre n’était pas en de mauvais termes avec ce clan. Devait-elle tout de même chasser ce chaton, qui, sans doute poussé par la soif de découverte et d'aventure, avait pénétré par effraction sur les terres de l'Ombre ? Certainement pas. D’ailleurs, même si c’était un guerrier, elle ne le chasserait pas. Elle ne comptait pas se ramasser des coups de griffes pour des frontières inutiles, une cause qu’elle haïssait car c’était le prétexte de toutes les guerres.

    Certes, ce chaton-là était plutôt bien tombé.

    Plume de Nuit risqua un œil par-dessus les fourrés. Le chaton était un mâle. Il était absorbé dans la contemplation d’un crapaud. La chatte au poil noir saliva. Aussi ridicule que cela puisse paraître, le crapaud était un de ses mets préférés. C’était sans doute la première fois que ce petit en voyait un, car il s’y prenait très mal pour le chasser. La guérisseuse faillit pouffer de rire, quand le batracien sauta au visage du chaton, et retomba dans l’eau. Découragé, le chenapan continua son exploration.

    Plume de Nuit ne le suivit pas tout de suite. Aux aguets, elle attendait que le crapaud réapparaisse. Cela ne manqua pas. L’inconscient batracien avait franchi les fourrés. Il tenait sans doute à découvrir une autre mare. Il n’eut même pas le temps de pousser un coassement de surprise, la chatte avait bondi et le serrait déjà entre ses crocs. Elle enterra son plant de millefeuille, et partit à la rencontre du chaton, son crapaud à la gueule.

    Il n’était pas allé bien loin. Il observait le dernier arbre encore debout du marécage. Cet arbre était plus décrépit, plus pourri que jamais. Il ne tiendrait plus très longtemps sur pied, pensa la chatte. Le dernier témoin d’une lente évolution se mourrait peu à peu. Peut-être le chaton voulait-il connaître son histoire. La guérisseuse, déposant son crapaud, l’aborda, encore cachée dans l’ombre :

    « Cet arbre est le plus vieux des chênes de la forêt. Il est ici depuis plusieurs milliers d’années. Bientôt, il tombera en morceaux, comme ses compagnons l’on fait bien avant lui, et il n’en restera plus rien. »


    Plume de Nuit sortit de l’ombre et dévisagea, de ses yeux d’émeraude, le chaton planté devant elle. Il semblait pour le moins stupéfait. Elle continua, impassible :

    « Vois-tu, les marais n’ont pas toujours été comme tu les regardes à présent. Avant, bien avant la venue des chats, ces lieux étaient le berceau de la forêt que tu connais aujourd’hui. Le sol y était très sec. Des chênes, les seuls arbres capables de s’adapter à de telles conditions, en avaient fait leur domaine. Puis l’on pense, qu’à un moment, il y eut un terrible déluge. Pendant plusieurs jours, la pluie ne cessa de tomber. La forêt était véritablement inondée sous plusieurs centimètres d’eau. Les chênes, tels des éponges, se gorgèrent de pluie. Etant habitués aux temps sec, ils en pourrirent, et se désagrégèrent uns à uns. Une faune et une flore nouvelle se forma peu à peu. Le bois pourris étant un excellent fertilisant pour de nombreuses plantes, habituées aux temps humides. De plus, cette matière organique fournissait de la nourriture à différents insectes, qui élurent domicile ici. En outre, certaines créatures aquatiques, qui se nourrissaient de ces insectes, furent attirées par ce lieu. Et ainsi de suite. Les guérisseurs appellent cela la « chaîne alimentaire ». Avec ces temps humides, propices à l’apparition de toutes sortes d’arbres et d’animaux, se forma, tout autour du marécage, une végétation dense et luxuriante, que des félins, arrivés par hasard par ici, ont séparé en quatre et ont nommé « la forêt des quatre clans. »

    « Voilà. Je t’ai (rapidement) conté ce que l’on sait de sur évolution de notre forêt. Cette histoire, qui se transmet de guérisseur en guérisseur, peu la connaissent. La plupart s’en fichent. D’autres n’y croient pas. Ils pensent qu’ils sont le centre du monde et que rien n’existait avant eux. C’est un peu prétentieux de penser cela. De plus, ce dernier chêne, encore debout on-ne-sait-comment, atteste de l’évolution. Moi, je trouve que c’est une histoire fascinante. Qui sait ce qu’il y avait avant même la naissance de ce chêne ? Qui sait si nous-mêmes, les félins, ne descendons pas d'une autre espèce, disparue aujourd'hui ?

    « Mais je m’égare. J’en oublie même les bonnes manières. Bienvenue dans les marais du territoire de l’Ombre, petite boule de fourrure ! Je me présente : Plume de Nuit, guérisseuse en titre du Clan de l’Ombre. Mais, toi, qui es tu, petit chaton aventureux du Clan du vent ? Tu as l’air affamé. Tiens. Prends ce crapaud qui t’intéressait tant, tout à l’heure. On ne t’a jamais appris à chasser le crapaud, dans ton clan ? Grave erreur. Leur chair est délicieuse… »
Anonymous
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Ven 30 Juil 2010 - 12:15
    [C'est amusant, ton chat a l'air tellement dans son propre univers que c'est comique ! ^^ En fait, elle a l'air un peu mystique à dire des choses pareilles. ♥]


      « Cet arbre est le plus vieux des chênes de la forêt. Il est ici depuis plusieurs milliers d’années. Bientôt, il tombera en morceaux, comme ses compagnons l’on fait bien avant lui, et il n’en restera plus rien. »


    Le chaton se retourna et fit face à la guerrière. Cachée dans l'ombre, il ne pouvait discerner que deux yeux verts et une tache blanche qui se balançait des les ténèbres. Il remarqua un crapaud qu'elle avait négligemment posé au sol. Et tout en écoutant ce qu'elle avait à dire, il remarqua que c'était le même crapaud qu'il avait tant bien que mal tenté d'attraper. Et bien qu'il s'y était pris comme un nouveau-né, elle semblait l'avoir eu sans difficulté, et seulement quelques secondes après son départ. Mais en y réfléchissant, peut-être était-ce un autre crapaud qu'elle avait mis des heures à traquer avant de venir le narguer avec son trophée. Mais plutôt que de se venter ou de chercher à l'impressionner, elle continua ses explications, relatant l'histoire de la forêt avec une exactitude qui laissa le laissa admiratif.

    Buvant les paroles de la chatte sortie des ombres, il grava ses paroles dans sa mémoire et laissa les pièces du puzzle s'assembler, bougeant tous les trous auxquels il n'avait jamais eu de réponse. La guerrière qui en fait n'en était pas une, finit par se présenter comme étant guérisseuse. Et il devina que c'était pour cette raison qu'elle en savait autant. Cela lui donna envie de devenir apprenti guérisseur à ses six lunes mais Fleur d'Aphélandra avait disparu et il ne pouvait suivre son enseignement. Elle lui proposa alors le crapaud qu'elle avait chassé, le réprimant presque de ne pas avoir pu l'attraper tout seul.


      « - Je m'appelle Petit Courage, chaton du Clan du Vent. Et si je ne sais pas chasser le crapaud, c'est tout simplement parce qu'il n'y en a sur aucune terre à part ici. Et je vous remercie de votre enseignement, j'ignorais totalement qu'une telle chose pouvait se produire. Une forêt qui se transforme en marais, c'est assez logique en fait... »


    Il n'avait pas touché au crapaud et comptait bien de rien en faire. Il n'était pas encore tenu de respecter le code du guerrier, n'étant qu'un chaton, mais il aimait à se dire qu'il valait s'y préparer dés maintenant. Donc il ne mangerait pas avant le Clan. Et même si ce crapaud lui faisait de l'œil, il ne s'y intéresserait pas. Le pire était surtout de devoir refuser totalement sa proposition, même s'il doutait que ce fut le même crapaud qui lui avait sauté à la figure. Il ne pouvait décemment pas l'apporter au Clan, à moins de vouloir que tout le monde sache qu'il s'aventurait sur les terres des autres Clans...

      « - Si vous êtes guérisseuse, que faîtes-vous là ? Vous ne devriez pas être au Clan à soigner les blessés ? »


    Il avait utilisé un ton poli et espérait ne pas se montrer trop indiscret. En fait, c'était la première fois qu'il rencontrait un vrai guérisseur et il se demandait quel genre de chat elle pouvait être. Il voulait aussi en savoir plus sur l'histoire de la forêt et des chats mais n'osait pas demander de peur d'embêter Plume de Nuit. Elle avait pourtant l'air d'être patiente mais il ne voulait pas abuser...

Anonymous
Invité
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Sam 31 Juil 2010 - 21:24
[Oui, ma chatte est un peu… excentrique sur les bords, mais pas vraiment mystique. C’est juste que la nature est son habitat, et, qu’en bonne guérisseuse, elle l’aime et tient à la connaitre. Et, pour le coup, ton arbre m’a inspiré même si mon histoire sur le marais est un peu tirée par les cheveux !]

    Petit Courage. Oui, ce nom-là devait certainement lui aller à la perfection. Un petit fouineur qui n’avait peur de rien ni personne, et qui n’était pas capable de tenir en place dans une Pouponnière trop exigüe.
    Malgré tout, son regard bleu perçant, son ton posé et son discours raffiné trahissaient une certaine maturité. Et Plume de Nuit devina qu’une profonde tristesse s’y recelait, telle l’eau silencieuse s’infiltrant dans les roches de la montagne majestueuse. Il devait être de ces petites créatures qui avaient connu trop de malheurs et trop de peines, pour leur cœur ingénu. De ceux qui en avaient déjà trop vu et trop entendu, avant même d’avoir vécu.

    La Guérisseuse éprouvait de la compassion pour ces chatons-là. Ils étaient très intelligents, mais si l’on ne leur apportait pas un temps soit peu d’amour et d’attention, alors l’eau deviendrait glace et effriterait le cœur de la montagne. Ces petites boules de poils pouvaient très vite dégénérer en grandissant. Ainsi, il était plus que probable que Petit Courage soit prédestiné au rang de « Guerrier sanguinaire ».
    Mais, au fond, la chatte savait très bien que les Clans se fichaient de cela. Ce petit mettait un peu trop de hargne pour les combats ? Tant mieux ! Les ennemis n’en seraient qu’un peu plus apeurés.

    En son for intérieur, la guérisseuse bouillonnait de colère.

    Non pas contre ce chaton. En effet, qu’avait-il fait de mal ? Penser cela, c’était prendre les choses à rebrousse-poil. Non, c’était plutôt la vie qui avait fait du mal à ce chaton.

    La chatte noire crachait en silence contre ces Clans, qui ne sont que bouts de territoire aux frontières bien délimitées et que des guerriers fanatiques se fatiguent à garder jours et nuits. Et, surtout, elle crachait contre cette pseudo-loyauté qui autorisait tous les crimes entre frères de la même espèce, et qui divisaient les félins plus qu’ils ne les assemblaient.

    Mais, par-dessus tout, elle crachait contre ce Clan des Etoiles inutile, ces guerriers morts que tout le monde suivait au doigt et à l’œil sous prétexte qu’ils dévoilaient des prophéties inintelligibles et trop tardives, et qu’il donnaient neuf vies à quelques chats, de temps en temps. Sans eux, tout serait bien plus simple. Il n’y aurait qu’un seul Clan pour toute la forêt. Un Clan uni, où tous les biens seraient mis en commun. Un Clan libre.

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    (Je me permets d’ouvrir une parenthèse, pour mieux faire comprendre au lecteur comment Plume de Nuit en est arrivée à penser cela. Car en réalité, au plus profond d’elle-même, la guérisseuse haïssait le Clan des Etoiles pour une simple et bonne raison. Ils comptaient des étoiles en trop dans leur rang. Des étoiles qui auraient été tellement utiles sur la terre ferme.
    Des étoiles qui, dans leur trainée, laissaient des chatons orphelins.
    Ou encore des étoiles de félins honnêtes, qui, pensant se battre pour le bien, s’étaient fait arracher la tête.
    Mais la chatte au poil noir pensait à une étoile en particulier. Une étoile qui planait, tel le remord qu’elle éprouvait, continuellement sur sa tête. L’étoile de Perle de Ronces, son mentor décédé, qu’elle n’avait pu sauver des tragiques ténèbres. Chaque nuit, cette étoile, elle la reconnaissait. Son désespoir n’en était que plus grand. Chaque nuit, elle rêvait de se frotter contre le doux pelage de son mentor, d’humer son odeur réconfortante, d’écouter ses savantes leçons, de rire à ses sarcasmes, de l’avoir à ses côtés. Mais tout cela était si loin, désormais… La guérisseuse n’en pouvait plus de voir cette étoile, cette stupide étoile qu’elle essayait, en vain, de fuir, mais qui tombait, chaque nuit, sous son regard d’émeraude… A partir de l’instant où elle avait découvert le cadavre de son mentor, assassiné, sur une pierre nue, alors elle avait compris. Ses pupilles s’étaient étrécies, un masque d’insensibilité s’était posé sur son visage, elle avait totalement délaissé le Clan des Etoiles et avait commencé à réfléchir aux conditions félines. C’était la fin de son innocence. Puis elle s’était peu à peu renfermée sur elle-même, ne parlant à personne, de peur de dévoiler ses idées qui méritaient un lynchage en place publique. Même si, au sein du Clan, elle était respectée, tout le monde la croyait folle. Folle ? Certes, elle l’était un peu. Mais il y avait de la méthode dans sa folie… ou plutôt de la folie dans sa méthode. Sur ce, revenons à notre histoire.)


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    La guérisseuse se doutait bien que ses convictions étaient utopistes. Mais c’étaient ses idées et elle y croyait. *Au moins, ma façon de penser me différencie de certains qui ne pensent rien et qui croient le premier venu !*

    Un jour, elle était sûre que tout cela se réaliserait. Mais pas pour l’instant, car l’Histoire [Je parle de la série lgcd, bien sûr !] ne s’y prêtait pas… Pas encore, du moins.

    Pour l’instant, il y avait ce chaton devant elle, et il s’apprêtait à parler. Et pour l’instant, c’était tout ce qui comptait. La nature merveilleuse, le soleil immuable et ce chaton. Trois raisons d’espérer un avenir meilleur.

    Car peut-être que l’eau resterait fluide, sous la pierre. Les peines ne s’effacent pas, mais il apprendrait à en tirer des conclusions. Conclusions qui le rendraient plus fort que les préjugés, plus tenace que les règles établies, plus hargneux et plus intelligent qu’un guerrier sanguinaire. Mais dans le bon sens, cette fois-ci.

    Petit Courage, miaula d’un ton poli, tirant la guérisseuse de sa rêverie :

    « - Si vous êtes guérisseuse, que faîtes-vous là ? Vous ne devriez pas être au Clan à soigner les blessés ? »

    De la part d’une si petite bête, la question était plutôt culottée. Mais Plume de Nuit ne s’en formalisa pas. Malgré tout, une trace de reproche se lisait sur son visage impassible :

    « Et toi ? Que fais tu là, alors que tu devrais être en train de jouer comme un nouveau-né dans la Pouponnière de ton Clan ?... Je suis comme toi, j’aime l’aventure. Et désobéir aux règles, quand cela est utile. Pourquoi n’as-tu pas touché au crapaud ? Tu as peur de ne pas aimer ? Ou alors est-ce parce qu’on vous conditionne déjà au « Clan passe avant tout le reste » ? Ma foi, s’il n’y a pas de crapaud sur les terres du Vent, on ne te laissera pas faire deux pas dans ton camp avec un gibier aussi loufoque à la gueule. Allons… mange-le, c’est le présent d’une guérisseuse ! N’aie pas peur ! Les crapauds et autres grenouilles regorgent en toutes saisons dans les marais. Et il n’est pas bien difficile de les attraper. Ils n’ont pas d’odorat, mais ils sont rapides et leur vue détecte tous les mouvements. Ainsi, il suffit de se tapir dans l’ombre et d’attendre que le batracien passe à ta portée pour le saisir. Un jeu d’enfant. De plus, ces crapauds ont leurs manies ! Pour passer d’une mare à l’autre, ils aiment bien emprunter le même chemin toute leur vie. L’on peut facilement les pister pour savoir à peu près quel parcours ils suivent, et les attendre à proximité. Alors le tour est joué. Cela peut prendre à peine quelques minutes, comme pour ton crapaud. »

    La guérisseuse osa ajouter, l’air malicieux :

    « Quel dommage qu’il n’y ait pas de ces succulents batraciens sur ton territoire, n’est-ce pas ? Certes, parfois je me demande s’il ne vaudrait pas mieux que les félins puissent circuler librement à travers toute la forêt. Il y aurait tellement de territoires à découvrir… Et les Clans auraient tellement à s'apprendre, l’un de l’autre… Ainsi, ils auraient peut-être autre chose à faire que de s’entretuer.

    « Ah oui, et, je t’en supplie, pourrais-tu me tutoyer ? Le vouvoiement me vieillit comme ce n’est pas possible… Tu me trouves vraiment si vieille et si laide que cela ? »



[Revoilà Plume de Nuit dans son univers !... Oui, oui, je sais, elle est assez bizarre... Et j'espère que tu ne m'en veux pas trop d'avoir disserté sur ton chaton alors que je le connaissais à peine...]
Anonymous
Invité
Invité
Dim 1 Aoû 2010 - 10:58
    [Non, absolument pas. Ce que tu as écrit est tout à fait ce que j'avais en tête au départ. Je comptais voir ce qui m'amuserait le mieux, qu'il tourne gentil, fort et loyal ou méchant, fort et bestial. ^^ Mais s'il devient un peu unique, ça me va aussi. ;Þ
    Par contre j'ai été un peu choquée parce que j'ai vu ton texte avant que tu aies fini la mise en page (pendant que je le lisais) et en version finie (au moment où j'ai commencé ma réponse). J'espère que tu n'as pas changé ton texte parce que j'ai fait que le survoler la deuxième fois. ^^"
    Sinon j'adore ta façon d'écrire. Et ton personnage est fort sympathique, je partage ses idées. ♥]


    Petit Courage se fit petit devant ses accusations. Il savait bien que personne au Camp ne s'inquiéterait pour lui. Les seuls qui tenaient à lui étaient Étoile de Lumière et Tornade d'Or. Et tous deux avaient un rôle important au Clan et étaient très occupés. Trop, même, pour prêter attention au vagabond qu'il était. Tous les autres étaient plus ravis de le savoir dehors que dedans et se réjouissaient secrètement de chacun de ses départs, espérant qu'il n'y ait pas de retour. Mais c'était bien ce qui le poussait à revenir. Tous les soirs, lire sur leurs visages le regret et la culpabilité. Car chacun savait que ce n'était pas bien de haïr ainsi un chaton qu'ils avaient adopté. Surtout que leur chef y était attaché. Mais tout cela n'importait guère au chaton. Pour lui, tout ce qui comptait était l'aventure et ce qu'il en faisait. Et aujourd'hui, il sentait qu'il avait fait une rencontre intéressante. Il se promit même de revenir à l'occasion.

    Même si des fois, ce que disait la guérisseuse lui échapper. Qu'entendait-elle par conditionner ? Pour lui, ça voulait parler d'un réflexe inconscient. Comme quand il salivait à l'idée de manger. Ou quand il se levait avec le soleil. Était-ce possible de conditionner un chat pour que le Clan passe avant le reste ? Voilà une question bien étrange. C'était par logique qu'il fallait faire passer les autres avant soi. Ou sinon, on ne se souciait que de sa petite personne sans prêter attention aux besoins des autres. C'était égoïste et l'égoïsme menait à la destruction des relations établies au sein d'une communauté. L'entre-aide était primordial et devait primer sur nos actes. C'était le meilleur moyen de favoriser la compréhension de l'autre et ainsi faciliter la vie en commun.

    D'un autre côté, le chaton comprenait bien qu'à force de faire passer le Clan avant soi, cela pouvait mener à sa propre perte. Mais non, à quoi pensait-il ? C'était ridicule comme pensée. Comment de la gentillesse pouvait-elle mener à la mort ? Comme pour répondre à sa question, son estomac se mit à gargouiller. Mais quelque chose l'empêchait de manger. Il se sentait tirailler entre l'envie de briser ses chaînes et se rassasier et respecter le code et mourir de faim. Alors que l'équation se faisait claire à ses yeux, il comprit ce qu'avait voulu dire Plume de Nuit et surtout, qu'il était lui-même en train d'entrer dans un moule qui ne lui plaisait. Il haussa les épaules pour en enlever tout remord car après tout, il n'y avait pas de raison de ne pas manger quand on avait si faim qu'on en devenait faible.

    Il se pencha vers le batracien, cisailla délicatement la fine peau et commença à manger ce qui lui passait sous le nez. Tout était assez petit mais avait un goût succulent. Ce n'était pas aussi fort que la souris, encore moins que le lapin. C'était assez proche de l'oiseau mais tout de même différent. Il ne laissa rien dans la carcasse si ce n'est la tête et les pattes. Ce seul repas avait suffi à contenter son estomac de chaton jusqu'au soir. Et aucune trace de culpabilité ne venait tacher son plaisir. La seule chose qui le gênait un peu était cette honte qu'il ressentait. Avec les explications de la guérisseuse, ça semblait si simple d'attraper ces animaux qu'il avait été ridicule de les chasser de face. Mais on ne revient pas en arrière et ses propos suivants suffirent à lui changer les idées.

      - Je veux bien essayer mais v... - Il se corrigea aussitôt. - ...tu voudrais d'un seul Clan. Mais c'est impossible, non ? Parce que les terres sont si vastes qu'un seul chef ne suffirait pas pour tout gérer. Et puis, imagine le nombre de chats dont il devrait veiller à la sécurité. Et aussi, où on dormirait tous. Il n'y a pas d'endroit assez grand, déjà notre Camp ne peut plus contenir beaucoup de chats. Évidemment, je ne dis pas que ce ne serait pas amusant de pouvoir aller où on veut quand on veut sans se soucier d'être attaqué par d'autres chats mais ça, je peux déjà le faire alors ce n'est pas vraiment nécé... - Il réalisa ce qu'il venait de dire et ralentit ses pensées pour mieux les suivre. - ...ssaire. Enfin, ce que je veux dire c'est que pour l'instant, il n'y a pas de guerre entre les Clans alors ce n'est pas la peine de s'en faire. On peut très bien aller vers les autres sans que ça pose de problème et puis... - Il perdit le fils de ses pensées. - Je ne sais plus ce que j'allais dire.
Anonymous
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Mar 3 Aoû 2010 - 14:14
[Non, je n'ai pratiquement rien changé, à part la mise en page. Et merci du compliment, mais tu écris bien mieux que moi et, surtout, bien plus rapidement. J'ai l'air d'une tortue qui a de l'arthrose à tes côtés... De plus, en ce moment, je n'ai pas beaucoup de temps pour moi. Entre les balades d'une journée, les rangements et autres... Ça n'arrange pas vraiment l'avancement de mon texte. Et je manque d'inspiration. Je poste la suite dès que possible, mais l'action ne sera sans doute pas au rendez-vous.... Désolée de l'attente...]
Anonymous
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Mer 4 Aoû 2010 - 9:56
[Non, c'est sans problème. Je suis moi-même assez en panne d'inspiration. Et merci également pour tes compliments, ça me fait chaud au cœur. ^^]
Anonymous
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Jeu 5 Aoû 2010 - 14:35
[Voici la suite tant attendue (ou pas)... Finalement, après un remixage total et chaotique, je suis parvenue à y mettre un peu d'action... C'est donc normal que tu trouves ça "bizarre", surtout vers la fin. Et j'espère qu'on ne m'en voudra pas trop de m'être inspirée de l'event, alors que je ne le connais pas. Mais, après tout, si l'on ne peut pas imaginer autre chose qu'une rencontre ennuyeuse, où est l'histoire ?]

    Le chaton finit par céder et avala goulument son crapaud. Tout en parlant, Plume de Nuit le regarda dépecer l’animal avec une attention presque maternelle. La guérisseuse était heureuse, tout simplement. Cette journée ne serait peut-être pas perdue. Elle aurait fait comprendre à un chaton que la loyauté au Clan ne faisait pas tout. Et qu’il fallait manger quand on avait faim. Que TOUS les chats de la forêt avaient faim de la même manière, que cela ne variait pas en fonction des frontières. Que c’était pour cela qu’une guérisseuse du Clan de l’Ombre, avait nourri un chaton du Clan du Vent. Par loyauté, certes, mais par loyauté aux félins, quels qu’ils soient.

    D’après les paroles de Petit Courage : «…ça, je peux déjà le faire alors ce n'est pas vraiment nécessaire... » La chatte au poil noir devina qu’il n’en était pas à sa première escapade. Elle éprouva, tout-à-coup, une sorte de respect envers ce chaton qui portait si bien son nom. L’on devinait aisément qu’ il était fort délaissé et livré à lui-même pour pouvoir s’échapper ainsi de son camp. Et quelle sorte de parents devait-il avoir pour qu’ils le laissent gambader, de cette façon, au gré du vent ? Etait-il orphelin ? La chatte au poil noir pensait avoir vu juste. Son égard n’en était que plus grand. Car, malgré ses malheurs, ce petit faisait preuve d’une qualité essentielle : la persévérance. Cette faculté de croire que rien n’est jamais mort ; comme en témoignait cet entêtement à vouloir découvrir, à vouloir apprendre, encore et toujours, de nouvelles choses…
    En ce sens-là, oui, Plume de Nuit lui ressemblait. Et elle aurait tout fait pour le protéger.

    Après la tirade du chaton, elle se résolut à lui dire tout ce qu’elle avait sur le cœur. Il était peut-être un peu petit ? Qu’importe ! Elle n’aurait peut-être plus l’occasion de le revoir. Et elle voulait qu’il sache.
    Soudain, la guérisseuse se mit à rire aux éclats, sans but précis.

    « Ainsi, tu es loin d’en être à ta première sortie, petite touffe de poils futée ! Ecoute-moi, je vais te dire quelque chose. Car malgré tous les malheurs que tu as pu subir dans ta courte existence, tu as eu beaucoup de chance, Petit Courage ! Les guerriers du Clan de l’Ombre ne sont pas de ceux que tu crois. La plupart sont sans-pitié, même avec les chatons. J’ose à peine imaginer ce qu’il te serait arrivé si quelqu’un d’autre que moi t’avais surpris, ici.

    « Veux-tu que je te raconte l’ultime épopée de mon ancien mentor ? La saison des neiges touchait à sa fin. Je me souviens qu’il faisait encore très froid, malgré tout. Mon mentor commençait à perdre son flair. Elle s’était inquiétée pour moi, car j’étais rentrée tard, ce jour-là. Elle était sortie du camp et avait franchi notre frontière avec le Clan du Tonnerre, par inadvertance. Une guerrière ennemie l’a surprise et l’a attaquée, dans son dos. Elle n’y a pas réchappé. Peu après, je l’ai découverte, morte, une expression horrifiée dans ses yeux qui ne verraient plus, déposée négligemment sur un rocher écarlate, baignant dans son propre sang. Par la suite, cette simple journée hantera toutes mes nuits. »


    Rien qu’à ce souvenir, des larmes amères montèrent aux yeux de Plume de Nuit. Secouant la tête, elle adopta un ton plus froissé :

    « Mais je ne veux pas te faire de la peine avec mes histoires. Tu dois sans doute en avoir assez avec les tiennes, n’est-ce pas ? Je racontais cela en exemple, pour te montrer que l’on ne peut pas vivre en harmonie tant qu’il y aura ces satanées frontières ! Tout n’est qu’hypocrisie et faux-semblant ! Et même si les chats ne sont pas tous ainsi, (encore heureux !) certains n’attendent que le moment propice pour te sauter au cou ! »

    Puis elle vira brusquement de sujet, espérant ainsi se changer les idées :

    « Tu es un chaton très terre à terre, toi. Tu te soucies beaucoup des problèmes matériels. Et je ne t’en blâme pas, loin de là. Mais quand je te parlais d’un Clan unique, c’était l’idée qui comptait (le reste, il suffisait d’y songer un peu et c’était arrangé). L’idée que les félins dans leur ensemble sont des personnes superbes, mais que cette société, basée sur les Clans et les rivalités, leur donne tous leurs vices. Cependant, si tu y tiens vraiment, je vais te dire comment je verrais, moi, le système du Clan unique.

    « Premièrement, qui a parlé d’un chef ? Un seul chat commandant tous les félins de la forêt, cela signifierait une convoitise énorme pour obtenir ce poste. La convoitise du pouvoir, pas de ça chez moi. Non, le mieux serait de former des petites patrouilles de chasseurs, selon les affinités, et d’élire une sorte de lieutenant dans chaque groupe. Le lieutenant pouvant être remplacé à tout moment, s’il ne convient pas. Il aurait pour principale tâche de choisir les endroits où aller chasser. Les prises rapportées lors de ces patrouilles seraient mises en commun. Evidemment, ces « groupes » évolueraient, et ne seraient de mise que pour la chasse. Le reste du temps, l’on pourrait aller où l’on voudrait et avec qui l’on voudrait.

    « Toutes les semaines, (et non pas à chaque pleine lune) le Clan entier se réunirait pour faire le point dans une Assemblée gérée par ces lieutenants : J’ai vu des crottes de renard par-ci, il y a des chiens par-là, Untel a besoin de débuter son apprentissage, nous, on va chasser là, là et là, et vous ?… Discuter de la routine, et avertir des dangers extérieurs, c’est quand même essentiel !

    « Pour le camp, il suffit d’en construire un autre, plus grand ! Les quatre chênes, par exemple, seraient l’emplacement rêvé de notre nouvel abri. C’est un endroit bien protégé, et son étendue est assez vaste pour pouvoir contenir tous les chats de la forêt. De plus, les Bipèdes y sont quasiment inexistants, et le feuillage des Grands Chênes offre une protection infaillible contre les aigles. »


    La guérisseuse, les prunelles brillantes, imaginait déjà avec une précision incroyable, ce nouveau camp, qui ne serait sans doute jamais mis en place. De même que tout ce qu’elle avait dit, d’ailleurs. Mais elle récitait son discours, intarissable. Peu lui importait qu’il n’aboutisse à rien ! Elle n’espérait même pas convaincre ce chaton. Parler lui faisait plaisir, c’était tout. Pour la première fois, ce qu’elle avait tant ruminé, dans l’ombre de sa tanière, elle le miaulait au grand jour. Elle avait le sentiment que même les grenouilles sortaient de l’eau, que même les fleurs des nénuphars s’ouvraient, pour l’écouter.

    Il y avait ces marais sauvages, il y avait ce chaton délaissé, il y avait son pelage noir et ses idées inconvenantes. Tous étaient mal connus, incompris ou sous-estimés. Tous étaient victimes des pires préjugés. Et pourtant, dans leurs artères battantes, se tramaient déjà les prémices de la Révolution. Oui, un jour, il y aurait une explosion.
    Ce jour-là, les félins seront vraiment exigeants. Ils ne se contenteront plus de ces Clans, de ce petit bonheur égoïste que l’on défend au péril de sa vie, comme un chien défendrait son os. Ils voudront d’un bonheur uni, sans faille. D’un bonheur ponctué des peines de la vie, bien sûr, mais d’un vrai bonheur.
    Et il est certain que l'explosion se jouera par le Dessous de la société, les méconnus, les incompris, les sous-estimés. Alors, ce jour-là, méfiez-vous du marécage brumeux qui vous embourbera, vous, routine et préjugés ! [Perso, je me demande où je suis allée chercher ce paragraphe…]

    Enivrée de ses paroles, Plume de Nuit n’était plus un chat. Elle se sentait déjà Panthère.

    « Imagine un peu la clairière des quatre chênes. Là, fit-elle en bondissant de part et d’autre de la tourbière, c’est le promontoire pour les Assemblée. Là, ce serait le trou pour la grande réserve de gibier. Là-bas, la tanière des guerriers, à droite du Chêne. Plus loin, celle des apprentis. Au chêne opposé, le gîte des anciens. Ici, la Pouponnière. Et il y aurait encore de la place pour un entrepôt à plantes médicinales, dans ces fougères-ci (elle revint vers Petit Courage). Enfin… avec les marécages pour point de repère, ce n’est pas aussi réaliste… Mais je m’y rends à chaque Assemblée, et j’ai longuement observé ladite clairière, rassure-toi.

    « Les anciens camps pourraient servir de poste-relais. Je veux dire que, le territoire à dominer étant immense, les chats qui le souhaitent pourraient dormir un jour ou deux dans les vieux camps. Ainsi, nous aurions tout le loisir d’apprendre à pêcher ou à nager à proximité de la Rivière, de traquer le lapin sur la Lande, de chasser la grenouille à l’Ombre des grands pins, ou de s’entrainer à combattre dans la Combe Sablonneuse, près du chemin du Tonnerre !

    « En gros, le camp principal servirait surtout aux ravitaillements des reines et des Anciens, et aux Assemblées. Le système mentors-apprentis serait toujours en place. Simplement, ce seraient parents du petit qui choisiraient son entraineur, et non plus le chef. La priorité serait à la chasse, mais il faudrait toujours s’exercer au combat, en cas de renard, de blaireaux, de chiens, ou… de cette menace étrange planant sur la forêt… »


    La guérisseuse se tut un instant. Ses yeux se voilèrent sous l’effet de l’inquiétude. Elle avait entendu vaguement parler des cadavres de chats retrouvés un peu partout sur le territoire, et de ces messages à la signification indéchiffrable. *C’est dans ces moments-là que nous serions tellement plus puissants, tous regroupés…* soupira-t-elle.

    Soudain, elle se figea. Ses pupilles s’agrandirent jusqu’à masquer ses iris d’émeraude. Ses poils noirs se dressèrent sur son échine. Un flash rouge sang passa devant ses yeux. Son corps fut traversé de part en part d’une douleur fulgurante. Plume de Nuit voulut hurler, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Puis ce fut le noir total. La chatte avait l’impression de flotter dans les ténèbres d’une nuit sans étoile. On entendait seulement un murmure plaintif :

    « Le temps n’est pas à l’heur, l’avenir est la tombe.
    Les Quatre sont en pleurs, les étoiles, moribondes.
    Ne tombe pas dans ses bras, ou tu l’regretteras ! »


    Tout à coup, elle eut l’impression de plonger d’une falaise pour atterrir dans l’eau écumante. A ce contact glacé, elle feula de surprise.

    Aussi brusquement que sa vision était apparue, tout redevint normal. Etait-ce un message du Clan des Etoiles ? En tout cas, il devait être drôlement affolé pour lui envoyer une prophétie, à elle. D’ailleurs, celle-ci ne l’avançait pas beaucoup. Simplement, cela la campait encore plus sur sa position : le Clan des Etoiles savait épater sa galerie, mais, au fond, il était tout bonnement inutile. Malgré tout, il fallait espérer que ce dernier envoie un autre message, qui éclairerait un peu plus les choses, cette fois-ci.

    Puis le bruit du vent dans les chênes, le clapotis du marécage, et surtout, ce petit regard bleu perçant posé sur elle, la ramenèrent subitement à la réalité. Petit Courage était toujours là, devant elle, et il ne fallait pas l’oublier. Décontenancée, la tête basse, elle essaya tant bien que mal d’expliquer sa conduite :

    « Euh… Je… Désolée… » bafouilla-t-elle.

    Ce furent tous les mots qui sortirent de sa gueule. Machinalement, elle recula d’un pas, tentant de remettre de l’ordre dans ses idées.

    Alors, le cauchemar devint réalité.

    Sa patte glissa sur la mousse humide, et, déséquilibrée, elle tomba dans l’un des innombrables étangs saumâtres de la tourbière, droit sur les nénuphars. Un liquide visqueux la happa, alourdissant son pelage, engourdissant ses membres.
    Une sensation étrange. C’était la première fois qu’elle tombait à l’eau. Oh, bien sûr, il y avait cette maudite prophétie, où elle s’était vue choir de la falaise. Elle aurait d’ailleurs dû faire le rapprochement, mais elle n’avait pas la tête à ça. Avec ou sans prophétie, le résultat était le même : elle ne savait pas nager.
    Totalement paniquée, elle essaya tant bien que mal de maintenir sa tête hors de l’eau. Mais les battements désordonnés de ses pattes ne firent que l’éloigner de la rive. Elle se sentait aux prises avec les algues, qui espéraient sans doute l’attirer vers le fond. Plus d’une fois, l’eau parvint à l’engloutir toute entière. Plus d’une fois, elle but la tasse. Mais, à chaque fois, elle remontait à la surface, crachotante et cahotante, grâce à ce phénomène terrifiant que l’on appelle Instinct. Mais ce manège se répétait trop, ses forces s’amenuisaient, elle s’enlisait dans la vase. Et même avec le meilleur instinct de survie du monde, elle sentait qu’elle ne tiendrait pas longtemps le coup. Il fallait regagner la rive.

    Battre des pattes.

    Ce n’était pas facile quand celles-ci étaient empêtrées dans les algues, et quand les nénuphars vous barraient la vue et le chemin.

    Mais comment faire, alors ?

    Incapable de réfléchir, elle ne pouvait que maudire, entre deux goulées d’air frais, le Clan des Etoiles de lui avoir envoyé une prophétie, à cet endroit-là ; à cet instant-là ; avec, pour unique compagnon, un maigre chaton. Les guerriers de jadis devaient avoir un drôle de sens de l’humour, pour lui envoyer une vision concernant ce qui lui arriverait à cause de la vision-même. [ça va ? tu me suis, au moins ?]

    En tout cas, cet humour, la guérisseuse n’y adhérait pas du tout.

    Désormais, tout ce qui lui restait à faire, c’était de regarder la silhouette floue du pauvre chaton sur la rive, et d’user ses dernières forces à le héler stupidement :

    « Aide-moi, Petit Courage ! »


[... Bon courage, pour mon sauvetage....]
Anonymous
Invité
Invité
Lun 9 Aoû 2010 - 11:20
    [Oui, c'est clair que ça va pas être du gâteau. ;Þ]


    La guérisseuse se mit à pouffer de rire. Apparemment, ce qu’il avait dit l’amusait beaucoup et alors qu’au premier abord il s’était senti insulté, il se détendit et rit légèrement avec elle. Même s’il ignorait toujours pourquoi, ce que dit Plume de Nuit l’éclaira et plutôt que de rire, il sourit et se sentit un peu fier. Mais très vite, sa fierté disparut alors qu’elle le conseillait. Et la peur lui hérissa la crinière. Il était vrai que ce n’était que son deuxième passage sur ces terres et qu’au premier, il n’avait rencontré qu’une apprentie. Seulement le chaton n’aimait pas les rumeurs et les préjugés et il avait refusé de croire que le Clan de l’Ombre était aussi cruel que ce que les autres le disaient. Même s’il n’en avait entendu que des bribes d’histoire que s’échangeaient des guerriers se préparant pour chasser ou patrouiller, il avait toujours douté de leur véracité.

    Après tout, tous les chats étaient pareils alors pourquoi un Clan serait-il plus mauvais qu’un autre ? C’était grâce à cette idée qu’il ne craignait jamais de s’aventurer sur les terres des autres Clans. En fait, c’était son gage de courage. Il se persuadait de ne courir aucun danger et étrangement, il ne lui arrivait jamais rien de fâcheux. En fait, c’était même m’inverse. Les chats qu’ils rencontraient étaient dans le pétrin et le chaton se faisait prendre dans une aventure dangereuse. Évidemment, ce n’était pas ce qu’il recherchait. Ce après quoi il était c’était la liberté. D’aller où il voulait, de rencontrer tous les chats de la forêt, de découvrir tout ce qu’il y avait à voir et d’apprendre tout ce dont il aurait besoin pour devenir un bon guerrier et protéger ceux qu’il aime. Et même si les chats auxquels il tenait se comptait sur les coussinets d’une seule patte, il ne voulait pas qu’il leurs arrive quoique ce soit de fâcheux.

    Un sentiment douillet et chaleureux l’envahit à l’idée de protéger les siens, soutenu par le récit de la guérisseuse et de son mentor qui cherchait à l’aider. Mais alors qu’elle achevait son récit, il ressentit le vide qui occupait son cœur. Cette absence qu’il était si dure de combler. Le chaton s’approcha d’elle sans qu’elle s’en rende compte de voulu la réconforter d’un coup de museau mais elle se remit d’aplomb toute seule. Et changea de sujet. Tellement radicalement qu’il fut tout d’abord perdu. Puis, alors qu’il écoutait ce qu’elle pensait être juste, il remarque que beaucoup de points lui semblaient logique. Il était vrai qu’un seul chef pour toute la forêt, c’était impossible. Plusieurs chefs qui s’entre-aidaient, voilà qui devenait intéressant. Et alors qu’elle commençait à décrire comment elle voyait leur campement, le chaton la suivit et imagina avec elle ce à quoi ça ressemblerait.

    Ils n’étaient plus dans le marécage. Non, ils étaient aux Quatre Chênes et il se tenait face à elle, grande guérisseuse qui soignerait tout le Clan. Et lui, chaton sans lien de sang avec les autres mais qui aurait enfin sa place. Non pas qu’actuellement il n’en avait pas une, juste qu’elle ne lui plaisait pas. Si les quatre clans s’assemblaient pour donner naissance à un Clan, alors il n’avait rien à perdre à essayer. Et alors que le chaton se tournait dans un sens pour regarder la tanière des apprentis, la pouponnière et tout le reste tels qu’ils les imaginaient, Plume de Nuit sembla se détacher de la réalité, comme si elle allait s’évanouir. Il s’approcha mais elle feula. Le chaton recula donc et chercha des yeux un quelconque danger qui l’aurait effrayé. Mais comme il ne trouvait rien, il reporta son attention sur elle et elle miaula des excuses en reculant. Il miaula pour l’avertir du danger mais c’était trop tard, elle avait reculé et était tombée à l’eau.

    Faisait-elle un malaise ? C’était bien possible. Après tout, elle venait de perdre connaissance avec la réalité, puis elle avait reculé comme si elle titubait. Et maintenant elle se débattait dans l’eau boueuse sans résultat. Il chercha des yeux un moyen de la sortir de la vase. Mais comment faire ? Il scrutait les marais mais mis-à-part des grenouilles et des insectes, il n’y avait rien d’autre. La chatte l’appela alors à l’aide. Il s’éloigna, revint avec un bâton et le tendit à la guérisseuse. Mais son poids de chaton n’était pas suffisant et alors qu’elle tirait pour se hisser, il se sentit happer par l’eau boueuse. Il remonta immédiatement à la surface et fut surpris de constater qu’il n’avait aucun problème à nager. C’était fatiguant parce que l’eau était alourdie par la terre mais rien n’entravait ses mouvements, les algues ne remontaient pas assez pour le capturer dans leurs pièges.

    Il s’approcha de la guérisseuse et tenta de la pousser vers la berge mais c’était pénible et il n’avait pas beaucoup de force. Et soudain, sans prévenir, la chatte sembla trouver pied et bondit vers la berge. Le chaton suivit son sillon et découvrit un rocher immense sous l’eau. Il parvenait à peine à poser ses pattes dessus mais réussit sans mal à nager et à sortir de l’eau. Il fut alors très reconnaissant à Plume de Nuit de l’avoir poussé à manger le crapaud car sinon, il aurait manqué de force pour regagner le rivage. Une fois sorti, il s’ébroua pour faire tomber de la boue avant de s’affaler sur le ventre, la respiration haletante. Au moins ils étaient en vie. Il resta couché quelques minutes, le temps de reprendre son souffle, avant de se relever et d’aller près de Plume de Nuit.

      « - Tout va bien ? »



    [Bon, j'aime pas faire de longs textes parce que sur la fin, j'écris n'importe comment alors j'espère que tu n'as pas trouvé ça trop ennuyant à lire. x) Et aussi je me suis pas vraiment relu... Comme je t'ai fait attendre plusieurs jours, j'étais pressée de le poster. Donc il se pourrait qu'il y ait quelques erreurs. :P]
Anonymous
Invité
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Lun 9 Aoû 2010 - 23:04
[Dans un grand élan de paresse, je réponds 11 heures et 45 minutes après ton post... Moi non plus je n'ai pas relu et j'espère qu'il sera aussi réussi que le tien...]

    Voyant que l’énergie commençait à lui manquer, Plume de Nuit perçut cette branche d’arbre tendue comme une échappatoire miraculeuse. Réunissant ses dernières forces, elle leva sa patte engourdie pour s’y agripper, à la manière des moules sur leur rocher. *Décidément, ce petit a de la suite dans les idées* pensa-t-elle, profitant pleinement de cet instant de répit.

    Mais c’était sans compter sur son poids.

    Et la perche ne tarda pas à basculer, entraînant dans sa chute le chaton, qui faisait un bien piètre contre-balancier. Alors, la guérisseuse s’en voulut terriblement d’avoir lancé ce dérisoire appel au secours. Elle n’avait pas voulu mettre la vie de Petit Courage en danger. Elle-même pouvait mourir autant de fois que l’on voulait (en effet, elle connaissait la vie, désormais) mais pas ce chaton. Elle ne pouvait se permettre d’être coupable, même indirectement, de la mort d’un chaton. C’était le pire des crimes. Ces petites boules de poils innocentes, pétillantes de vie, à peine sorties du ventre de leur mère, qui ne pensent qu’à apprendre et qu’à jouer, qui ont encore tant de choses à découvrir, et qui ne songent jamais à la mort… C’était indigne et monstrueux de les tuer. Pire encore que de tuer, de sang froid, un Guerrier au combat.

    Néanmoins, le remue-ménage causé par la branche tombée dans l’eau avait pour lui d’avoir dépêtré les pattes arrière de la guérisseuse, que la vase retenait prisonnières. D’autant plus que Petit Courage semblait nager à son aise. La chatte au poil noir essaya de l’imiter, en vain.
    Quand, tout à coup, elle sentit, dans son dos, un museau qui la poussait vers la rive. C’était le petit chat qui l’avait rejointe, et qui l’aidait tant bien que mal. Plume de Nuit fut soulagée d’avoir à ses côtés un chaton aussi vaillant. *Celui-ci n’a rien à envier aux grands guerriers, ma parole ! Je ne sais pas ce que je ferais sans lui. Et dire qu’il y a un instant, je craignais pour sa vie !* se dit la chatte, dont le moral remontait quelque peu. Oui, ils s’en sortiraient. Et ce n’était pas un peu d’eau stagnante qui allait avoir raison d’une chatte adulte et un chaton téméraire !
    Comme par enchantement, la chatte sentit qu’elle reprenait patte sur quelque chose de solide. *Un rocher englouti !* Elle se hissa sur la berge, et s’affala, harassée, sur le sol marécageux, sans même prendre la peine de nettoyer son pelage souillé de boue et d’algues, trop contente d’avoir réchappé à une mort certaine. Dans un ultime effort, elle dressa la tête pour s’assurer que Petit Courage l’avait suivie. Apparemment, celui-ci était tout aussi fatigué qu’elle. Mais ils étaient sains et saufs.

    Après quelques minutes, le chaton vint se placer devant elle et lui miaula :

    « Tout va bien ? »

    La guérisseuse perçut un sens caché à cette question : Petit Courage tenait à savoir les raisons de la conduite pour le moins étrange de la guérisseuse, conduite qui l’avait menée à prendre une baignade forcée… Elle se releva en grommelant et s’assit, la queue posée sur ses pattes encore flageolantes :

    « On va dire que ça pourrait aller bien pire… »
    répondit-elle d’une voix rauque.

    Elle toussa. Apparemment, elle avait avalé un peu de boue.

    « De mon côté, il y a eu plus de peur que de mal. Je n’ai rien de cassé, et toi non plus. Je crois que la pire des conséquences qu’aura eu mon séjour au milieu des nénuphars sera une toilette intégrale.

    « Je pense, qu’étant donné que tu m’as sauvé la vie, je te dois bien quelques explications, non ? En réalité, la seule chose dont j’aie à me reprocher, c’est d’avoir demandé ton secours. C’était bien trop dangereux pour un chaton. Et, à première vue, je ne pouvais pas deviner qu’un félin du Clan du Vent sait nager aussi bien que toi. Dire que je m’étais juré de faire n’importe quoi pour te protéger, et, finalement, que c’est toi qui m’as sauvé la vie ! Enfin, bref, tout est bien qui finit bien… »


    La chatte au poil noir osa lécher le petit chaton entre les deux oreilles, en signe d’amitié.
    Petit Courage, l’ocelot, le couguar, le puma, Petit Courage, descendant des grands lions des plaines sahariennes, minuscule héritier des redoutables panthères, petit fils du Tigre des montagnes de Sibérie…

    Tel était Petit Courage. Quel Guerrier il ferait !

    « Je vais te raconter le fin mot de toute l’histoire, commença-t-elle doucement. Juste avant de tomber à l’eau, j’ai reçu une prophétie. Tu as sans doute remarqué mon air lointain. Je pense que le Clan des Etoiles est affolé et impuissant par rapport à tout ce qui ce passe d’étrange, en ce moment, dans la forêt… Je pense aussi que c’est très grave, mais là n’est pas la question. Dans cette même prophétie, je me suis vue choir d’une falaise pour atterrir Là où sombre le Soleil, dans l’immense Lac rempli d’écume. Quelques secondes après, je tombais véritablement dans cet étang. Etrange coïncidence, tu ne trouves pas ? »


    Plume de Nuit leva la tête. Le Soleil commençait à décliner. Le ciel se parait déjà de pourpre et d’or, une sorte de Cérémonie journalière pour inviter la Toison Argentée à le remplacer.

    « Mais il est tard. Je pense qu’il vaudrait mieux pour nous que nous rentrions dans nos camps respectifs avant la tombée de la nuit. Et puis, j’ai encore ma toilette à faire et quelques herbes médicinales à ramasser… Ca te dirait un crapaud pour la route ? Veux-tu essayer d’en chasser un ? »

Anonymous
Invité
Invité
Mar 10 Aoû 2010 - 12:02
    [Désolée, c'est pas très long et peut-être pas très bien écrit mais je suis en manque d'inspiration là. ^^"]


    Plume de Nuit semblait intacte. Elle recracha un peau d’eau boueuse mais mis-à-part l’état de sa fourrure, il semblait lui rester assez de forces pour s’asseoir et son malaise était de l’histoire ancienne, à ce qu’il voyait. Assise, la queue enroulée sur ses pattes et malgré la saleté qui la recouvrait, elle avait toujours cette étrange aura de savoir qui l’entourait. Le chaton était en admiration devant elle et fut plus qu’heureux de l’entendre vouloir le protéger. Même s’il n’y avait pas de raison particulière de le protéger puisque que lui-même se croyait assez grand pour se prendre en patte et qu’il évitait soigneusement tout ennui. Enfin, c’était son point de vue car en réalité, s’aventurer sur les terres des autres clans étaient tout sauf prudent. Et même si la guérisseuse avait essayé de le lui faire comprendre en lui racontant un des épisodes de sa vie, ce n’était pas une petite histoire qui allait lui ouvrir les yeux et il était prêt à recommencer à tout moment. Et ce serait le cas tant que cette petite étincelle de courage et de curiosité brillerait dans ses yeux bleus. Il acheva de l’examiner et sentit un coup de langue passer sur son front. Il releva sa tête avec un regard bienheureux et souriant. Et quand elle commença à lui raconter ce qu’il s’était réellement passé, il s’assit pour écouter attentivement son histoire, et pour reposer un peu ses pattes alourdies par la boue. Quand elle lui eut expliqué pour la prophétie et le Clan des Étoiles, il voulut la questionner pour en savoir plus mais elle lui changea de sujet pour lui proposer une partie de chasse. Aussitôt tenté par l’idée, il bondit pour se relever, secoua ses pattes pour en enlever le plus gros de la boue et sourit en se tournant vers la guérisseuse.

      « - Ce serait génial ! Comment faut-il faire ? »
Anonymous
Invité
Invité
Mer 11 Aoû 2010 - 16:08
[Ce n'est pas la longueur qui compte, tu sais... Au contraire, j'aime bien quand l'écrivain arrive à en dire le plus possible, avec le moins de mots possibles. Cela, moi, je suis incapable de le faire... Et puis, de toute façon, chacun fait ce qu'il peut. C'est déjà formidable de l'avoir fait... ]

    « Ce serait génial ! Comment faut-il faire ? »

    Plume de Nuit connaissait assez bien le chaton pour avoir deviné quelle serait sa réaction à l’idée d’une partie de chasse. Elle émit un ronron amusé, et dit :

    « Pas si vite ! Pour chasser le crapaud, il faut être tout sauf impatient. Je me demande d’ailleurs comment tu fais pour avoir autant d’énergie après notre plongeon forcé, espèce de Petit Tigre… (de sa patte, elle lui donna une légère tape sur l’oreille)

    « Traquer les batraciens est une question de calme et de concentration. Ceux-ci ne sont pas très méfiants, mais ont une vue excellente. Il faut donc se tapir dans des fourrés ou dans un autre endroit à couvert, éventuellement près d’une mare, et essayer de ne pas remuer un poil de sa fourrure, se faire très petit (bon, avec toi, ce ne sera pas bien compliqué, hein…) attendre que le crapaud passe à ta portée... Alors bondis le plus vite possible et surprends-le. Le mieux, c’est de réussir à le tuer du premier coup. Sinon, tu es bon pour recommencer un peu plus loin. Le point positif avec les crapauds, c’est que tu n’es pas obligé de te mettre face au vent, leur odorat étant fort peu développé… Tu as compris ? Bon. Passons à la pratique.

    « A mon avis, tu ne trouveras pas une seule grenouille dans cette zone. Notre grabuge et nos bavardages ont dû les effrayer. Poste-toi un peu plus loin. Vois-tu la grande mare, près de la pinède, en contrebas ? C’est un site idéal et bien protégé. Je te laisse y aller, mais fais attention où tu mets les pattes ! »


    La guérisseuse, fine connaisseuse, avait spécialement choisi, pour le chaton, un site assez sec, où l’on ne risquait pas trop de s’embourber. Malgré tout, le danger était présent partout.

    « Quant à moi, je vais me débusquer un coin à l’ombre pour enlever la crasse de mon pelage. Si tu me cherches, tu me retrouveras au Vieux Chêne. Allez, file, le crapaud n’attend pas, lui ! »


    Plume de Nuit regarda la petite boule de fourrure s’éloigner, puis se dirigea vers les restes du Chêne millénaire.
    Enlever les plaques terreuses de son pelage se révélait plus ardu que prévu. A certains endroits, la terre s’agglutinait et lui collait aux poils. Il n’y avait qu’une solution : l’arracher à pleines dents, en y laissant le quart de sa fourrure. Et ce n’était, certes, pas sans douleur.
    La guérisseuse, larmoyante et recrachant les poils en touffes, se promit de faire un détour par le petit ruisseau, en rentrant au camp. Ce ruisseau, c’était la méthode radicale de nettoyage en douceur. Elle arriverait mouillée dans l’enceinte du camp ? Qu’importe ! Elle trouverait bien une histoire à raconter sur le vif à ces guerriers-grenouilles, qui avaient l’incommensurable faculté de gober tous les ragots… [Pas taper, je rigolais ! //SBAF//]

    Alors, qu’écœurée de la boue, elle finissait d’enlever les algues collées à sa fourrure, Plume de Nuit perçut un léger martèlement de pas, derrière elle. Sans doute Petit Courage qui revenait. Avait-il attrapé son crapaud ?


[Aucune inspiration sur ce coup... Che hais mon style.]
Anonymous
Invité
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Sam 27 Nov 2010 - 9:09
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Anonymous
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Cueillette de chaton |Pv : Plume de Nuit|

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